Un film sur l’enfance maltraitée au Moyen-Orient : CAPHARNAÜM (2018) – Nadine Labaki

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Capharnaüm, on l’a découvert dans un semi-hasard qui nous laisse sous-entendre qu’en vrai, il n’y a pas vraiment de place pour le hasard. Une connaissance a vanté les mérites de ce film franco-libanais qu’elle venait de voir, sur son Facebook personnel. Corinne a commenté en disant que l’histoire semblait émouvante mais surtout très lacrymale et parfaite pour la sponso Kleenex. Dans le même instant, en zappant pour trouver quoi regarder en ce samedi soir, Flo tombait sur le début de ce même film, sur Canal +.
Juste le temps d’un regard et nous avons posé la télécommande pour en poursuivre le visionnage.

 

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De quoi parle Capharnaüm ?

À l’intérieur d’un tribunal, à Beyrouth, Zain, un garçon de 12 ans, est présenté devant le juge. À la question :  » Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? « , Zain lui répond :  » Pour m’avoir donné la vie ! « . Capharnaüm retrace l’incroyable parcours de cet enfant en quête d’identité et qui se rebelle contre la vie qu’on cherche à lui imposer.

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Notre avis sur Capharnaüm ?

On se doutait d’après le résumé que ce film ne serait pas facile pour nos petits cœurs sensibles. Quel enfant a l’idée d’attaquer ses parents en justice pour lui avoir donné la vie ? Corinne n’a jamais entendu ça en 12 ans d’enseignement, même dans les cas les plus complexes. Alors forcément, cette introduction du film nous scotche. C’est fort, c’est puissant, et on ressent toute la détresse d’un enfant derrière ce message.

Zain est haut comme trois pommes et pourtant, à 12 ans, il possède un courage et une volonté que nous ne sommes pas sûrs d’éprouver même à plus de 30 ans. Avec tout ce qu’il vit (immigration clandestine, abandon, mauvais traitements, travail illégal et dissimulé, mauvaises rencontres), on aurait craqué une paire de fois. La différence, c’est que nous, on a le choix. Lui, non. C’est peut-être pour ça. C’est sûrement pour ça.

Zain choisit d’écarter le négatif (ses parents immigrés syriens, inconscients) pour ne se concentrer que sur le positif : les belles rencontres. Heureusement, il y en a. Sa famille devient celle qu’il se crée avec Rahid, une autre immigrée clandestine, éthiopienne. Parfois le malheur tisse des liens beaucoup plus solides que le bonheur entre les gens. Le quotidien de Rahid n’est guère plus reluisant que celui de Zain : mère célibataire d’un bébé, jonglant entre deux petits métiers sans reconnaissance, elle peine à joindre les deux bouts pour survivre et sauver la vie de son fils.

Ce qui frappe d’emblée chez Zain, c’est son visage fermé. Il ne sourit pas, jamais. Il a oublié d’être un enfant, il est un adulte en culotte courte. Il doit prendre la place de ses parents, protéger et nourrir ses frères et sœurs. Des responsabilités qui pèsent vraiment très lourd sur de frêles épaules en cours de croissance !

On sort de ce visionnage les yeux humides et avec une furieuse envie de serrer quelqu’un dans ses bras. Et avec un mouchoir froissé aussi. Chienne de vie, parfois.

Film Capharnaum immigration syrienne

 

Au final ? On retient quoi ?

Tout, on retient tout grâce aux émotions fortes que soulève ce film : on pleure, on s’indigne, on tremble. Là où l’on pourrait facilement sombrer dans le pathos, on atterrit dans la prise de conscience. On connait la situation délicate des immigrés en France mais on se rend compte que leur quotidien est encore pire dans d’autres pays, tant pour les enfants que pour les adultes. Zain, acteur amateur, est vibrant de justesse et nous emporte avec lui dans le tourbillon de sa vie de pauvreté à Beyrouth.

 

Notre note : 18 / 20

 

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