COLOMBIE : Où trouver du street-art ?

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Nous nous sommes rendus en Colombie durant l’été 2017. Un voyage haut en couleurs et pas uniquement sur les murs des habitations ! Nous avons très peu pu nous documenter sur la thématique du street-art de ce coin latino avant le départ : par manque de temps mais aussi par manque d’informations depuis notre vieux continent ! Nous allons donc te donner quelques pistes plus ou moins bien renseignées selon ce que nous avons pu découvrir.

Généralités sur le street-art en Colombie

Sitôt fraîchement (façon toute relative de parler) débarqués de l’aéroport, la voiture de nos amis est escortée par de splendides et immenses graffs colorés jusqu’à l’appartement tout le long de la route ! Impressionnant ! Au moins on est mis dans le bain artistique d’entrée de jeu ! Malheureusement, si tu connais le trafic routier à Bogotá, tu comprends aisément qu’on n’ait pas pu faire de photo ! On était trop occupés à garder notre estomac et nos nerfs à leurs places !

Le street-art connaît un boom depuis déjà plusieurs années en Colombie. Il a même été promu dans certains lieux dédiés de la capitale par Gustavo Petro, ancien maire de gauche (2012-2015) et ex-guérillero du M-19, dissout en 1990.
Aussi coloré et enthousiaste soit-il, le street-art colombien est avant tout un acte politique, un « expressoir » urbain après des années de terreur : il parle de paix, de la diversité de ses populations, de la culture (indigène par exemple), de la liberté d’expression dans les rues, et d’ « autres thèmes importants »… Mais il peut aussi avoir quelques visées purement artistiques (animaux, motifs…).

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Femme indigène Kuna, à la frontière du Panama, avec un fond représentant les motifs de tissus molas

Les chivas

Ce sont les transports en commun traditionnels (minibus) de Colombie. Si elles ont un châssis d’autobus, leur corps est modifié et est fait de bois avec des portes à la place des fenêtres pour faciliter la montée et la descente.
Selon les régions, tu en croiseras plus ou moins fréquemment car elles ont tendance à disparaître au profit de véhicules plus modernes. De notre côté, les vraies de vraies, on les a surtout croisées en milieu rural, à Salento et dans le département du Boyacá. On en a également vu filer à Carthagène, sur la côte, mais elles ont été reconverties en bus-boîtes pour que les touristes puissent faire la fête à l’intérieur. Un peu triste comme fin de vie après tant d’années de bons et loyaux services… Il faudra peu de temps avant que Matel et Barbie-pouf-pouf n’investissent le concept en jouet à ce rythme !

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Les portes se situent de l’autre côté du bus, côté trottoir (malins les colombiens !)

On choisit d’intégrer les chivas à cet article car ce sont de vraies œuvres d’art ambulantes dans les rues ou sur les routes ! Sur des fonds aux couleurs du drapeau colombien (rouge, jaune, bleu), c’est une explosion de décors (lieux remarquables, scènes religieuses, personnages célèbres) et de motifs ! Il ne semble pas y avoir vraiment de règles en la matière à part la couleur du fond. Si tu veux une panthère rose déguisée en colibri à corne, rien ne semble t’en empêcher !

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Il existe aussi des chivitas, des sortes de tuk-tuk (scooters à 3 roues) décorées comme leurs grandes sœurs.

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Medellín

Comuna 13  ✭✭✭

Voilà le graffiti tour que nous avons choisi ! Medellín est moins sécure que Bogotá mais les graffitis sont tout autant prometteurs. Donc on a réservé. Avant même de réserver aucun des logements du voyage ! Il y a des priorités !! Et on va te dire une chose : c’est une des meilleures idées qui ont pu nous illuminer le neurone !!

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Avec qui ?

Nous avons choisi de réaliser ce graffiti tour avec l’agence Tika Travel trouvée au détour d’une petite recherche sur Instagram, et gérée par Caroline (alias Tika, son petit surnom colombien), une jeune franco-colombienne punchy, souriante, très agréable et qui parle 3 langues couramment (bien pratique pour ses visites avec les touristes d’horizons divers).
Pour ce tour, elle est en partenariat avec la Casa Kolacho, une association indépendante de jeunes issus de la Comuna 13 qui ont pour but de sortir d’autres enfants de la violence en les initiant par des leçons gratuites aux arts du hip hop : graffiti, DJ, break-dance, rap. Une partie du prix du tour est reversée à cette association pour leur permettre de financer leurs bonnes actions.

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Caroline (Tika Travel) et El Guey (Casa Kolacho)

Cette visite est le fruit d’un partenariat choisi par nos soins (et nous avons tenu à honorer notre part due à la Casa Kolacho car nous adhérons à 300% à leurs actions). Nous restons totalement libres de nos opinions qui sont de toute façon en accord intégral avec ce que nous pensions avant même d’effectuer la visite (j’avais bien épluché leurs réseaux sociaux en amont pour éviter les mauvaises surprises) ! Donc ne t’en va pas tout de suite, et lis avant, on tient VRAIMENT à cette entreprise !

Un peu d’Histoire avant toute chose, pour mieux comprendre…

Medellín ne jouit pas auprès des étrangers d’une excellente réputation. Disons même plutôt que sa réputation la précède : narcos, Pablo Escobar, ville la plus violente du monde… Nos mamans n’étaient franchement pas rassurées de nous savoir là-bas. On ne l’était pas nécessairement non plus d’ailleurs.
La Comuna 13, tu en as peut-être moins entendu parler. Et pourtant, c’est un des lieux-clés de la violence entre la fin des années 90 et 2002. Pas si loin dans le temps, donc.

Pour le reste, c’est El Guey, le leader social de la Casa Kolacho (et sosie de Gael García Bernal selon son entourage, d’où son surnom !) qui nous l’explique.

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La comuna 13 a été construite à l’ouest de la ville par des paysans qui quittaient les campagnes. N’ayant pas de moyens, ils ont construit ce quartier avec les moyens du bord et des matériaux de fortune. C’était donc plus un bidonville qu’un quartier résidentiel de standing !
Jusqu’à sa mort en 1993, Pablo Escobar tenait la ville de Medellín dans sa poigne de fer, instaurant un régime de la peur qui maintenait néanmoins un certain ordre. Suite à sa disparition, le chaos est entré dans la 13 car elle était un lieu stratégique du trafic de drogue et de son acheminement. Tout le monde se la disputait : FARC, paramilitaires, narco-trafiquants ! Autant te dire qu’à cette époque, il ne faisait pas bon mettre même sa belle-mère dehors car les règlements de comptes étaient quotidiens. C’est à ce moment-là que Medellín a remporté son très peu glorieux titre de ville la plus dangereuse du monde.

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En 2002, un tournant de l’histoire s’amorce. Le nouveau président colombien est originaire de Medellín et souhaite pacifier sa ville. Le 16 octobre 2002, il lance alors la tristement célèbre opération Orion en partenariat avec les milices paramilitaires. Pour s’assurer de leur victoire, la comuna 13 est placée en quarantaine pendant quelques jours. Imagine-toi l’enfer sur Terre. Eh bien, ce n’est rien comparé à ce qu’ont vécu les civils pris en otage de cette opération. Les balles traversaient les murs tuant toute forme de vie humaine ou animale au hasard. Aucune échappatoire possible avec la quarantaine.

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Une décennie plus tard, l’Etat reconnaît officiellement 300 morts. Selon les habitants, ce nombre est bien en-deça de la réalité : il y aurait encore plus de 300 disparus dont les corps n’ont jamais été retrouvés. Ils soupçonnent l’Etat de les avoir dissimulés sous les immondices de la déchetterie voisine. Immondices sans cesse renouvelés, ce qui en fait une cachette idéale pour des corps qui dérangent. De même que les témoins qui sont éliminés un par un.
Quelques autres opérations armées permettront d’obtenir une paix durable au sein de ce quartier qui ne commence donc à vivre normalement que depuis bien trop peu de temps.

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La Pachamama veille sur ses enfants, en toile de fond…

Mais depuis, les choses ont bien changé et le quartier subit d’importantes transformations comme par exemple les escalators de 385m qui traversent la Comuna 13 de bas en haut pour la rendre plus accessible à tous et la désenclaver du reste de la ville. Le trajet durant 6min contre 35 auparavant, ça aide bien ! Cette initiative vaudra à Medellín le prix de la ville la plus innovante en 2013.

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La visite elle-même au milieu des graffitis 

Elle dure 3h et tu ne vois pas le temps passer.
On commence par t’expliquer l’histoire du quartier. On l’a fait succinctement au-dessus mais tu auras tous les détails de la barbarie et de la folie dont est capable l’être humain.
Tu te baladeras ensuite au milieu des centaines de graffitis d’une incroyable qualité avec des explications sur le sens caché derrière les beaux animaux colorés et les formes arrondies.
Rappel pour la naïveté et l’innocence : le street-art est un art très souvent engagé et ici, c’est plus que jamais le cas.

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Les deux histoires de la comuna 13 : celle du passé avec la destruction et la mission Orion et celle d’aujourd’hui, plus colorée et porteuse d’espoir
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Les éléphants représentent la volonté de pacification des femmes du quartier suite à la mort de nombreux enfants.
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Dieu nous a faits libres, vole sans peur…
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La peluche du panda blessé nous rappelle les blessures des enfants du quartier et la violence qu’ils ont subie.

 

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Les jeunes de la comuna 13 se relèveront grâce à l’art
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Toboggan construit à la mémoire de Sergio Cespedes, enfant de 9 ans tué par une balle perdue suite à une échauffourée lors de l’inauguration des escalators.
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Un touriste et un colombien enlacés amicalement sur le mur de la première auberge du quartier.

Pour t’aider à digérer toutes ces informations acides et t’éviter une perforation de l’estomac, tu goûteras dans un petit commerce une glace à la mangue artisanale qui est, paraît-il, la meilleure de Medellín ! Pour nous, en plus de son aspect totalement nouveau (surtout pour ce rital de Flo, et les glaces ça le connaît), c’est certainement une des meilleures du monde ! On n’aurait pas eu l’idée de la tremper dans du jus de citron mais il faut bien avouer que c’était excellent ! Miam…

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{ …Petite pause dans la rédaction, je vais chercher une serpillère…}

On termine le graffiti tour par une visite à la maison associative de la Casa Kolacho. C’est l’endroit où les jeunes de la 13 viennent prendre leurs leçons gratuites. On y trouve aussi une boutique dédiée au hip-hop. Mais j’ai été un peu déconcentrée par mon fou rire lors du passage aux toilettes pour tout bien regarder…

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Ils sont stylés jusqu’au dévidoir à PQ !!!
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Sinon, dans la boutique, ça ressemble à ça !

En bref, ce graffiti tour…

On a aimé. On a adoré même !
On a aimé voir que l’on prenait les transports en commun pour s’y rendre afin de limiter l’empreinte carbone et aussi pour montrer que les gens n’ont plus peur de les emprunter.
On a aimé cette visite dans nos 3 langues sans supplément tarifaire (oui parce que souvent, ça coûte plus cher, étrangement !).
On a aimé découvrir l’histoire de ce quartier qui a tant souffert et se coucher moins bête le soir. Même si on est ressortis abasourdis (un peu comme si on s’était pris une enclume sur le bout du nez) de toutes ces découvertes, abrutis par une violence (et une connerie) qui nous dépasse. C’est une chose de le savoir en France, c’en est vraiment une autre de l’écouter de la bouche des locaux sur les lieux-mêmes. Il faisait 30° et mes poils se dressaient sous les frissons.
On a aimé voir qu’en aucun cas notre 6ème sens du danger ne s’est mis en alerte. Flo dit que c’est grâce à nos accompagnateurs. J’en suis moins certaine que lui. Je n’ai senti aucun regard hostile se poser sur nous. Même les fois où je traînais seule en arrière du groupe !
On a aimé voir la volonté évidente qu’ont les jeunes et les moins jeunes de ce quartier à s’en sortir : les initiatives de la Casa Kolacho bien sûr, mais aussi les jardins partagés, un début de sensibilisation à l’écologie, les sourires face au tourisme et même la création d’une auberge pour les touristes !
Ici, c’est clair, on n’oubliera rien mais on veut avancer !

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« Recycler est important, fais ça pour notre futur. »

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Savourer sa chance de pouvoir faire sa photo cul-cul-kitsch dans un quartier pacifié…
INFORMATIONS PRATIQUES

Site internet de Tika Travel
Plus d’informations sur le Graffiti Tour dans la Comuna 13 de Medellín : ici
Prix pour 3h de visite, transports compris : 20€

Quelques noms d’artistes très représentés : Chota 13, Yes Graff, Apolo Trece

L’hôtel Selina  ✭✭✭

Situé dans le Poblado, le quartier touristique de Medellín, on l’a clairement choisi pour sa déco (et pour son prix en s’y prenant au dernier moment, ok) ! Imagine : des graffitis partout, à chacun des 6 étages, dans tous les couloirs et d’une grande qualité graphique ! Le PARADIS !! On passe un loooong moment à arpenter tous les couloirs à tous les niveaux et on adore l’espace playground au niveau -1 où tu trouves des espaces jeux, un bar et… un graffeur en action ! Rooooh !

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Heureusement que l’artiste Apolo Trece nous aide avec des yeux de rechange !
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L’artiste Apolo Trece toujours, qui sait aussi créer du lien…
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L’espace playground

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En passant par cet espace playground, tu peux visiter les parties communes de l’hôtel (il y a des espaces co-working en plus à l’intérieur) donc nul besoin d’y loger pour se rincer l’œil ! Et on te recommande d’ailleurs de faire plutôt ça ! (on t’explique pourquoi un peu plus bas dans les informations pratiques)

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INFORMATIONS PRATIQUES
Notre avis : Si on a adoré la déco, on a beaucoup moins aimé le reste : chambre-mouchoir de poche et pas du tout fonctionnelle. On n’arrive pas à circuler à 2 à l’intérieur alors avec en prime nos deux gros sacs à dos et nos affaires lavées en train de sécher, c’est de la via ferrata. J’ai vécu 3 ans en vieille chambre de cité U à la fac, je t’assure donc que les râleries sont justifiées ! On passe aussi sur les fenêtres qui ne ferment pas et sur l’inertie du personnel à faire quoi que ce soit. On passe sur le bruit venant de l’intérieur comme de l’extérieur (pas de double vitrage et en plus fenêtre qui ne ferme pas). On passe sur l’attente très longue à l’accueil à l’arrivée et un personnel étranger qui tient absolument à ne parler qu’anglais. Il y a manifestement un prix à payer à loger dans une galerie géante !

Prix moyen : 40€ la nuit pour 2 personnes dans une chambre avec salle de bain commune.
(C’est très / trop cher par rapport au service proposé, mieux vaut réserver bien à l’avance à Medellín car on a galéré un moment avant de trouver quelque chose dans nos moyens)

Réservation via Booking

Bogotá

Comme en France, le graffiti a longtemps été considéré en Colombie comme un acte de vandalisme. Mais depuis quelques années, le vent de la modernité a soufflé et il est devenu l’un des attraits touristiques majeurs à Bogotá. Il est en effet fréquent de voir des touristes déambuler autour des fresques urbaines de la Candelaria, de Teusaquillo, du Barrio Santa Fe, de la Calle 26 ou de la Avenida El Dorado, ou encore des Calle 80 et Carrera 83…
Le street-art dans la capitale colombienne est omniprésent et de grande qualité notamment grâce à la municipalité qui offre des murs à peindre et rémunère les artistes. La ville a même été désignée comme capitale latino-américaine du graffiti !

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Si tu as une bonne mémoire / tu veux épater quelqu’un du sexe opposé / tu es avide de découvertes, voici quelques noms d’artistes à connaître à Bogotá : Cazdos MDC, Ledania, Skore 999, Zokos, Franco, Rodez, Nomada, Malegria, DjLu, Toxicómano, Vertigo, APC (Animal Poder Crew), Miko, Zudoco, Bastardilla, Guache (il est venu graffer à Toulouse lors de l’exposition Mister Freeze 2017), Zancudo… Certains sont des artistes engagés d’autres se concentrent majoritairement sur l’esthétisme des œuvres.

Des graffitis tours sont organisés par des agences de voyage dans plusieurs langues ou par des artistes locaux (tour  de groupe gratuit en anglais ou privé mais payant en espagnol) afin de te faire découvrir au mieux les principaux chefs-d’œuvre urbains dont recèle la ville.

 

Mais sans trop savoir pourquoi, nous n’avions pas envie à ce moment-là, préférant marcher librement, au gré de nos découvertes tranquilles. Nous ne pourrons donc pas te conseiller à ce propos.

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Le quartier de la Candelaria   ✭✭✭

Le quartier de la Candelaria est un immanquable de la capitale colombienne. C’est aussi le quartier touristique. On y aime son calme, sa propreté, ses petits commerces de proximité, ses tout petits bars, ses murs colorés au-dessus des pavés. On y flâne comme dans un village, d’autant qu’il y a bien moins de monde que ce à quoi on s’attendait ! Notamment en matière d’affluence touristique… Euh… ils sont où les gringos ? On a eu de la chance ou quoi avec 3/4 familles étrangères à peine ?

Ici, comme en France, le street-art revêt diverses formes : pochoirs, peinture acrylique au pinceau et au rouleau, bombes, mosaïques, papier mâché, stickers… Il y en a vraiment pour tous les goûts et toutes les influences ! La plupart des œuvres se retrouve surtout dans le bas de la Candelaria mais garde ton œil de lynx à l’affût car de petits détails peuvent se cacher un peu partout !

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En fin de journée, en rentrant, nous passons par la Plaza del Chorro de Quevedo, une place très animée avec des chanteurs et musiciens de rue, divers groupes de jeunes venus refaire le monde aidés d’une petite bière à bas prix. Super ambiance ! On serait bien restés plus longtemps mais un bon repas avec nos amis colombiens nous attend. Alors on prend la rue la plus étroite pour quitter la place : la Carrera 2. BINGO !!! Tous les murs sont recouverts de graffitis ! Corinne est comme à Disneyland et aimerait bien avoir la tête qui se dévisse à volonté à 360° !

Le quartier de la tour Colpatria  ✭✩✩

C’est le centre névralgique du suicide de carte bleue. Une immense rue piétonne avec des commerces de tous les côtés puis des immeubles remplis de bureaux et d’hommes d’affaires en costard. Et si tu lèves un peu les yeux, d’immenses fresques acrobates !! Depuis la rue, elles sont un peu rognées par les toits environnants. Par contre, depuis leurs bureaux, les employés doivent profiter d’un spectacle offert rien que pour eux !

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Attention, on va s’approcher… Tu vas voir c’est marrant !
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Et voilà, aujourd’hui tu te sens comme un ninja ! (c’est cadeau de la maison !)

Les quartiers pauvres

Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter les bidonvilles et autres quartiers pauvres (un peu risqué par ses propres moyens, déconseillé par les colombiens… et on a tendance à BIEN écouter les locaux) mais d’autres œuvres s’y cachent réalisées soit par des pros (parfois étrangers) soit par des locaux qui veulent revaloriser leur ville

 

Carthagène

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Le quartier Getsemani  ✭✭✭

C’est un vivier artistique et c’est aussi le quartier touristique (marrant cette tendance à mettre l’art urbain au contact des touristes comme si ça effrayait encore un peu les locaux ?). Il n’y a pas une seule rue où tu ne trouveras pas le moindre petit détail de street-art !
Mais si tu veux être sûr de toi, et que peut-être tu n’as pas vu ton opticien depuis un moment, que ton œil de lynx est devenu un œil de taupe en état d’ébriété, il y a une rue qui en regorge et en format géant ! C’est la calle 29.

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Une fois que tu auras vu ces graffitis, on te conseille de flâner dans ces rues si agréables à l’ambiance de petit village en souriant à chaque nouvelle apparition artistique. Tu auras aussi l’occasion de voir le coiffeur exercer en pleine rue sur le trottoir, des bébés essayant de toucher le ciel dans leurs balancelles pendant que leurs mamans refont, elles, la Terre, des musiciens en pleine répétition pour les concerts du soir dans les bars à touristes, etc.
Même si la ville propose là aussi plusieurs graffitis tours, il serait dommage de se priver de tout ça en suivant un guide au pas de course, non ?

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Le personnage tient le drapeau de Carthagène

Le centre historique aux alentours de l’école des Beaux-Arts   ✭✩✩

Le centre historique de Carthagène est rénové et plutôt préservé puisqu’il appartient au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il semblerait que l’on ne puisse pas y faire n’importe quoi, n’importe comment. Nous n’avons donc trouvé de rares graffitis dans cette partie de la ville que dans les abords proches de l’école des Beaux-Arts :

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« Aucun endroit dans la vie n’est plus triste qu’un lit vide. » (Gabriel Garcia Marquez)
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La façade atypique du restaurant la parilla Marzola (l’intérieur est tout aussi original)

Les autres petits villages

Raquira  ✭✩✩

Raquira est un petit village traditionnel. On se rend bien compte du poids de ces traditions avec l’artisanat mais également avec le dresscode ! On reviendra sur le sujet un peu plus tard parce qu’on s’est vraiment régalés à être dépaysés !
Ainsi, on a été un peu surpris de tomber nez à nez avec Bob l’éponge et Charlie Chaplin au détour d’un coin de rue !

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Guatape  ✭✭✭

On te parlera de ce village qui est un immense COUP DE CŒUR pour tous les deux plus longuement dans un prochain article. Mais sache qu’ici tout n’est que couleurs et street-art du sol au plafond sur les façades !

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Conter fleurette au street-art : leçon 1 !

Salento  ✭✩✩

Ne fais pas un détour à Salento pour son street-art ou tu seras forcément déçu ! On n’a trouvé là-bas que des graffitis sur les murs d’un restaurant un peu bohème. Par contre celui avec effet 3D à l’angle de la rue est vraiment chouette ! S’il n’en fallait qu’un, c’est un choix judicieux !

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Pour visualiser ces lieux du street-art colombien :

 Les indicateurs rouges représentent les lieux à voir en priorité et ceux en bleu ceux qui sont moins indispensables parmi ceux que nous avons découverts. La liste n’est donc pas exhaustive du tout ! On ne parle que de ce qu’on connaît !
Tu peux rajouter tes propres découvertes en commentaires si tu le souhaites et on pourra les rajouter ici, dans l’article !

Voir en plein écran

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Nos autres articles sur le street-art de par le monde pour continuer les découvertes colorées :

A Cuba !

A Amsterdam !

A Barcelone !

A Lisbonne !

A Toulouse !

 

Tu projettes d’aller te faire un rail de graffitis en Colombie ? Inspire-toi en épinglant cet article sur Pinterest !

Vos petits mots

  • Superbes ces graff !!! J’aime beaucoup découvrir des quartiers alternatifs, du street art, j’en avais eu une bonne dose d’ailleurs à Berlin !! J’aime beaucoup tes photos et le thème de cet article, c’est une jolie balade que tu nous proposes là !! J’ai adoré la série Narcos, l’histoire de la ville de Medelin coincée entre ses habitants au milieu des narco-trafiquants, des Farc et des autorités est flippante… Je trouve que l’art est une belle façon de donner un nouveau visage à cette ville et de s’exprimer sur le passé et l’espoir d’un bel avenir !!

    • Nous aussi on adore ces quartiers un peu cachés, un peu délaissés, et qui revivent grâce au street-art ! Ca permet de découvrir une ville de manière tellement différente…
      Je suis désolée, je n’ai pas du tout suivi la série Narcos, on avait peur de la regarder avant d’y aller et de s’enfermer dans de gros préjugés qui auraient pu nous freiner ! En tout cas pari réussi pour Medellin, leurs projets permettent de ne pas oublier les souvenirs tout en avançant, tu as tout à fait raison !

  • Ah comme j’aime cet article ! C’est une explosion de couleurs, de cris d’espoir, de revendications, il y a plein de sensibilité, du talent, c’est touchant et impactant… J’adore le street art ! Merci beaucoup pour cet article plein d’informations utiles pour celui qui veut suivre vos pas…
    Je connaissais Comuna 13 de nom, je souhaitais y faire un tour le jour où j’irais en Colombie, c’est vraiment bien de savoir qu’on peut suivre un tour guidé pour en savoir plus et ne rien manquer 🙂
    Un bon gros travail cet article, je comprends qu’il vous ait pris du temps ! Bravo.
    Et en plus j’adore la mise en page des photos <3

    • Oh merci Alexis pour ce collier de compliments ! Ca fait chaud au coeur, vraiment !
      On engage tout un chacun à aller découvrir cette lumineuse Comuna 13 d’aujourd’hui qui a laissé l’ombre derrière elle. Mais il faut porter son coeur en bandoulière car ça remue un peu !

    • Tout à fait ! Ca fait tellement de bien quand on est soi-même dans la grisaille de l’hiver !
      Allez, on continue vite sur cette lancée latine !

  • Salut,
    Les œuvres de graffiti dans les rues toujours me passionnent. Ça inspire des images de la vie spirituelle des artistes de Colombie. J’adore beaucoup. Toutes ces photos sont trop magnifiques. Merci beaucoup de les partager. Bonne continuation !

    • Merci pour ce gentil commentaire ! Effectivement, en Colombie peut-être encore plus qu’ailleurs, les oeuvres sont très engagées et porteuses de nombreux messages !

  • C’est vraiment la classe toutes ces oeuvres.
    Est-ce toi / vous qui aime beaucoup les visages ou est-ce un « sujet » qui revient vraiment souvent ? Surtout qu’il y a beaucoup de femmes, est-ce qu’elles sont plus présentes dans l’engagement social et politique (au niveau citoyen) ?

    • C’est un sujet qui revient vraiment souvent. Le visage de la femme c’est souvent celui de la Pachamama, la déesse-terre. J’ai trouvé les femmes colombiennes très fortes, certaines à des postes à hautes responsabilités, personnages publics. J’en connais déjà 2 personnellement.

  • Nous sommes 4 retraités DU pAYS bASQUE qui revenons de Colombie et nous avons passé notre dernière journée dans la Communa 13 accompagnés par un guide de 20 ans.

    Nous avons retrouvé dans votre historique et la description du quartier l’émotion qu’a su nous transmettre ce jeune épris de son quartier et de son devenir.

    Merci beaucoup.

    • Je suis contente que nos ressentis soient identiques et chargés en émotions, pour tous ceux ayant effectué cette visite !
      Ce serait tellement dommage de passer à côté de cette expérience…
      J’espère que le reste de la Colombie vous aura autant charmés qu’à nous !

  • Je retiens toutes tes recommandations car j’avais suivi celle du Callejon de Hamel à la Havane et c’était super top !
    (et puis aussi parceque la Colombie malgré son statut d’ex top 1 de mes voyages rêvés, il n’est pas descendu bien loin <3)

    • Ah merci pour ton retour ! J’en ai très peu sur le Callejon de Hamel vu que ce n’est pas dans les guides et du coup, je sens une certaine méfiance étrange à propos de cet endroit, les gens n’y vont pas. Je ne sais pas comment leur dire combien c’est dommage, mais je respecte leur choix. Quel est ton nouveau top 3 ?

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