TOULOUSE : les Journées Européennes du Patrimoine

Patrimoine. 
Voilà le mot qui m’a retenue pendant au moins 10 ans de faire ces journées.
Ce mot qui sent le renfermé et le produit anti-mites.
Ce mot qui va très bien dans la bouche des grands-parents aux cheveux gris.
Et puis un week-end où je n’avais rien à faire, porte-feuille en berne, j’ai décidé de tester, attirée surtout par la gratuité de la programmation. 

Quelle bonne idée !
Viens, je t’explique pourquoi… 

Déjà je suis enchantée de lire chaque année la programmation hyper fournie. Toutes les villes et énormément de villages participent à ces journées et donc il y a toujours quelque chose à faire ou à voir à côté de chez soi. L’excuse de vivre « loin de la civilisation » pour l’activité « ne rien faire » n’est donc pas recevable. D’ailleurs, vu qu’on a déjà exploré notre ville, on viendra certainement dans ton coin « perdu » l’an prochain ! Et toc !

L’inconvénient  de ce papyrus interminable c’est qu’en deux jours, il faut forcément faire des choix si tu ne veux pas repartir au boulot le lundi dans le même état qu’une carpette ancienne de la fondation Bemberg ! 

En 2015, nous avons choisi une visite guidée du Toulouse insolite menée par une guide de l’office de tourisme. Pendant 2h, nous avons vadrouillé au fil des rues pour découvrir les détails atypiques de la ville rose. Nous en connaissions une bonne partie, mais c’est une visite que je recommande fortement aux néo-toulousains !
Le seul inconvénient pour moi fut l’importance du groupe car on n’entendait pas la moitié des informations données par la guide en étant ratatinés (au mieux) ou oubliés en marge du groupe (au pire) sur les trottoirs et avec le passage (bruyant) des voitures à proximité. 

Rues de Toulouse France
Horloge en 24h, surprenant, non ?! La seule autre copie se trouve à Auxerre.

En 2016, on a choisi de se le faire « tranquille », en fonction de nos envies à nous, au vu des activités proposées. 
Alors à notre programme, ça donnait ça : 

Visite de la crypte sous le Palais de Justice

A côté de chez nous, nickel. Mais au final échec cuisant. Nous sommes arrivés trop tôt, c’était fermé et quand on est passé au retour, c’était trop tard et c’était fermé aussi. Bon, à l’année prochaine la crypte, il parait pourtant que tu es mortelle ! 

Bâtiment art-déco de la bibliothèque d’étude et du patrimoine

 L’extérieur est massif. Très « mussolinien » selon M. Coolture… Blanc, avec des étudiants sur les marches. Bon, ça ne respire pas trop la dictature tout ça quand même… Et puis… 
– OH ATTENDS !! Y’a des liiiiivres lààààà !
– Normal mon caramel-qui-ne-colle-pas-aux-dents, c’est une bibliothèque !
– Mais NOOOOOON ! LÀÀÀÀÀ ! Dehors !

Oh quelle superbe idée des JEP 2016 ! Une librairie des éditeurs et auteurs régionaux dans une déco chinée et le tout sous une tente berbère !
Décidément, après le festival du Printemps de septembre qui plante un campement ensablé dans le réfectoire du Couvent des Jacobins, je commence à penser que le destin conspire pour m’envoyer un message de nomadisme !
Bon, enfin, pour ceux qui connaissent mon goût pour les livres, sachez que je suis repartie seulement avec une jolie photo grand angle ! Les auteurs régionaux ont une bibliographie un peu particulière pour mon cerveau de primate cartésien, non fumeur de haricots tarbais. 
C’est le moment où nous entrons dans la fameuse bibliothèque. Ambiance studieuse, les tables sont remplies d’étudiants silencieux. Le rêve de tout enseignant, et je sais de quoi je parle !
Le bâtiment est sublime à l’intérieur avec ses fresques et ses larges baies vitrées. Le détail qui fait la différence : achève ton torticolis et lève le nez, tu découvriras une splendide rosace de mosaïque en plein milieu de la pièce. 

rosace bibliothèque d'étude et du patrimoine Toulouse

Le petit plus : les petites lampes sur les larges tables, rappelant les bibliothèques de campus dans les séries US. 

bibliothèque d'étude et du patrimoine Toulouse batiment art déco

 Nous souhaitions faire absolument la visite des coulisses de cette bibliothèque. Sauf que nous n’avions pas vu qu’il fallait se pré-inscrire avant. C’était marqué en tout petit sur le prospectus et de toute façon, c’était déjà complet depuis au moins une semaine. Quelle déception ! Cet espace n’ouvre que lors des journées du patrimoine et seules 20 personnes y ont eu accès pour cette édition 2016 !
Oui, je suis jalouse, et c’est moche.

Nous voilà donc repartis. On suit très précisément le fléchage mis en place pour se rendre à la Cave Poésie, à cinq minutes de là, où d’autres auteurs régionaux présentent leurs ouvrages. 

 Bon, ok, le fléchage est un peu fantaisiste, on a légèrement du mal à le suivre par moments ! 

Pour se rendre n’importe où, c’est par là !

La Cave Poésie 

Finalement, on a réussi à trouver notre chemin.
Nous voici arrivés dans une salle de spectacle. Personnellement je la connais surtout de nom pour ses scènes ouvertes, ses spectacles musicaux et ses divertissements poétiques.
Cette fois, je la découvre physiquement et j’aime beaucoup l’atmosphère du lieu, boisée, chaleureuse… et avec un bar !!!
Comme précédemment, je ne suis pas charmée par les ouvrages, exception faite d’une artiste sérigraphiste dont les affiches décalées et remplies d’humour ont su me faire hésiter à craquer la bourse. Mais mon mental est plus fort que ça ! Enfin aujourd’hui. 

 On traverse la rue pour accéder au monument le plus discret de la programmation. Pas de grande affiche, ni de pom pom girls en tutu sentant l’anti-mites devant la bâtisse, pas de curieux « patrimoniesques », la cour semble désertée hormis le personnel technique. Comme souvent dans ces cas-là, je flaire le bon filon de l’originalité et on persévère.
C’est ainsi que nous nous retrouvons à :

La bibliothèque d’études méridionales 

 Certainement mon coup de coeur de ce week-end ! Si jusque là je mettais la bibliothèque d’étude et du patrimoine sur la première place du podium des plus belles bibliothèques toulousaines, elle est clairement détrônée !
Ici il s’agit juste de mon fantasme personnel concernant ce genre d’endroits : de la briquette mêlée au bois avec de vieux ouvrages du sol au plafond ! On trouve même une petite coursive en bois pour les livres situés les plus hauts.
J’adorerais mettre une photo en entier de cet endroit, mais on nous a interdit d’en publier une sur les réseaux sociaux. Je vais donc me contenter de quelques détails. 

bibliothèque de l'esav Toulouse France

Mais ne te contente pas de regarder l’intérieur : la vue est aussi magnifique sur les toits toulousains. Tigrou ne s’y trompe pas d’ailleurs (la raison de sa présence ici ? Mystère, même les paparazzi les plus coriaces s’y sont cassé les crocs ) ! 

vue depuis la bibliothèque de l'esav Toulouse France

 Et c’est sans compter l’escalier parfait qui propose des perspectives tout aussi parfaites !  

escalier bibliothèque de l'esav Toulouse France

Puis un peu d’humour des rues, comme ça, en passant vers la sortie : 

Dans les coulisses de l’ancien hôpital de La Grave

hôpital de La Grave Toulouse France

Cette visite, je l’attendais depuis un moment. A force de fouiner dans les parties extérieures, j’étais curieuse de connaître les secrets de l’intérieur. Et surtout ce qui peut bien se cacher sous le chapeau de ce célèbre dôme ! 
Au final, pas grand chose, mon imagination s’était un peu emballée pour le coup ! Je n’ose pas te dire ce que je me représentais mais ça aurait fait très bien dans le prochain opus de la série cinématographique « sexy dance » ! Il s’agit d’une chapelle classique, si ce n’est ce dôme majestueux qui ressemble à ça en vue intérieure : 

dôme hôpital de La Grave Toulouse France

 Pour la visite en elle-même, je suis navrée, je suis revenue à l’époque de mes 7 ans et 3 mois (à cet âge les mois comptent). J’ai laissé traîner mes yeux partout mais pas du tout mes oreilles. Là aussi le groupe était vraiment nombreux, difficile d’entendre ce que disait la guide (ancien médecin de l’hôpital) sans jouer les avants dans une mêlée et je me suis lassée des jeux de coudes.
Avec nos quatre oreilles, on se souvient juste du fait que : 
– il y a eu une énorme crue en 1875

– on y parquait les malades de la peste et les religieuses qui s’en occupaient travaillaient comme des forcenées. Les enfants étaient mis au travail dès leur plus jeune âge pour participer à l’effort collectif. 

Je te laisse donc avec quelques clichés du lieu. 

hôpital de La Grave Toulouse France
hôpital de La Grave Toulouse France

 

hôpital de La Grave Toulouse France

hôpital de La Grave Toulouse France
Je verrais bien cette façade dans un film d’horreur sur les asiles !
Ancien amphithéâtre, régulièrement inondé lors des crues et rempli de galets à ces occasions

Et enfin, le détail artistique !
Un artiste des rues, durant le Jan Vormann Festival, opérant au moyen de Lego cachés dans l’environnement a frappé sur les murs de la bâtisse en plusieurs endroits.
Sauras-tu retrouver ces trois pauvres Lego abandonnés ? 

Mais surtout ceux-là, dont la construction semble servir de pansement ? 

 

L’Hôtel Dieu Saint-Jacques

C’est parti pour un autre ancien établissement hospitalier toulousain, en activité dès le XIIème siècle ! Classé monument historique depuis 1986, les derniers malades quittent les lieux vers 1987.
Je n’y avais jamais mis les pieds. Nous y sommes arrivés pour les quinze dernières minutes avant la fermeture.
J’ai été époustouflée par la taille et la majesté des pièces. Elles s’accordent tout à fait avec l’extérieur du bâtiment, imposant. 

Hôtel Dieu Saint Jacques Toulouse France

Hôtel Dieu Saint Jacques Toulouse France

Nous nous sommes rendus sur le dernier vestige de l’ancien pont de la Daurade, parallèle au Pont Neuf : la première pile. Il en existait une autre, vestige au milieu de la Garonne, mais elle a été détruite en 1950.
Pour l’anecdote, il était le premier « Pont Neuf » puis est devenu le « Pont Vieux » une fois l’actuel « Pont Neuf » construit. Tu me suis là ????

Dernier pilier pont Hôtel Dieu Saint Jacques Toulouse France
Pont Neuf depuis Hôtel Dieu Saint Jacques Toulouse France
Ma nouvelle vue préférée du nouveau Pont Neuf !
Place de la Daurade depuis Hôtel Dieu Saint Jacques Toulouse France
Un superbe point de vue sur la place de La Daurade, droit devant !

Oups, on se fait sortir par un professeur d’histoire à l’université qui, pour son plus grand plaisir, joue les guides le temps d’un week-end. Le monument ferme ses portes pour retrouver son calme et son silence.
Allez, un dernier cliché volé, et on s’envole en direction de notre dernier endroit de la journée. 

La maison de la Violette

 Bon, c’est mon moment de honte suprême. Encore un endroit dans lequel je n’avais jamais mis une narine. Pour VRAIMENT tout t’avouer, je ne la situais même pas sous les allées Jean Jaurès mais vers les Ponts Jumeaux ! N’importe quoi ces convictions ! D’autant que j’y passe régulièrement devant pour aller à la médiathèque !
Contrairement à l’affluence lors des autres visites, nous voici au calme dans un endroit qui sent bon, dans un magnifique camaïeu de violet ! On goûte les violettes cristallisées, petite douceur pour les papilles puis les pieds à bouturer de la violette de Toulouse nous font risette. Et là, coup de foudre.
La violette de Toulouse, d’un violet moins soutenu que sa cousine des massifs sauvages, est une fleur hivernale. Voilà de quoi habiller notre jardinière cet hiver en attendant le printemps ! Elle se plante vers le mois de novembre pour information. 

maison de la violette toulouse france

Au fait, savais-tu que la maison de la Violette, en vrai, c’est une péniche ? Et qu’autrefois il y avait environ 600 producteurs de violette dans le nord de Toulouse ? Aujourd’hui, sans l’oeuvre de quelques passionnés et de bons partenariats régionaux, elle aurait complètement disparu. Merci à eux pour la préservation d’une grosse partie de notre patrimoine !

péniche maison de la violette Toulouse France

  Et voilà ! Je pense qu’avec ce rythme soutenu, tu comprendras aisément que l’on n’ait pas eu à compter jusqu’à 4 violettes pour s’endormir le soir-même ?
Au final, j’adore ces journées du patrimoine. J’ai l’impression d’être une petite souris qui pénètre dans tous les lieux secrets de sa ville.
Je nourris mes yeux et mon objectif de belles images accessibles pour la plupart seulement une fois par an.
Bon, on ne va pas se mentir, ces journées ne sont pas particulièrement convoitées par la jeunesse française. On n’a que très peu croisé des personnes plus jeunes que nous. (oui, parce qu’on est JEUNES, les casse-ambiance du fond là-bas !) C’est bien dommage et un petit coup de frais, de dynamisme, sur la comm’ (et le ton employé par les guides lors des visites ??) permettrait peut-être d’endiguer un peu cette inertie de la génération Y ? 

Une journée pour ouvrir un peu les portes de notre esprit puis de notre savoir… ?

Et toi alors, globe-croqueur ? Tu fais partie de ces curieux qui visitent lors des journées du patrimoine ? Tu en penses quoi ? 

Pour visionner ces photos en plus grand format, et en voir d’autres, tu peux te rendre sur une de ces deux galeries : 
Facebook (en cours de création)

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