TOULOUSE : j’ai testé « Ceci & Cela », épicerie bio spécialisée, sans emballage et locale !

Allez, je le conçois c’est un peu moins fun et glamour que les bonnes adresses de restos ou de bars mais je trouve le concept tellement génial qu’il me faut en parler. Mes bouts de doigts réclament !

Je te tiens la main pour entrer dans la boutique « Ceci & Cela » qui a ouvert début mai ?
Attention, ça va certainement changer tes habitudes et ta façon de penser. Une petite préparation psychologique en amont peut-être ? Non ? T’es un dur ? Alors viens ! 

Test Magasion bio sans emballage Toulouse Ceci & Cela


 J’ai découvert cette boutique via leur page Facebook et leur profil Instagram (le site web arrive bientôt, il est en construction).
Le concept me semble intéressant de ce que j’en sais : une boutique sans emballage où l’on amène ses récipients ou bien on prend des récipients consignés en magasin, pour les têtes-en-l’air.  Les produits sont locaux et bio. 
Mais j’ai un problème : je ne connais RIEN à l’écologie, au développement durable, et le bio entre timidement dans ma vie. 
Aussi timidement que je passe la porte d’entrée de l’endroit après M. Coolture, aussi novice que moi en la matière, mais étant déjà venu lors de l’ouverture acheter une bouteille de champagne (excellent) ! Bah oui, hein… On ne peut pas changer radicalement non plus ! 😄

Ma première pensée : « waouh !! « 
A la fois face au sourire bienveillant de la vendeuse et face à la déco du lieu.
C’est cosy et même si je n’y connais rien, je me sens de suite à l’aise au milieu des boiseries contrastant sur un sol gris et des murs blancs, au milieu d’une armée de bocaux attendant patiemment le chalant. 
Voilà un tout petit magasin où il fait bon venir. Je suis d’ailleurs frappée d’emblée par une chose : les clients, d’habitude si repliés sur eux-mêmes, n’hésitent pas à poser des questions spontanément. Il faut dire qu’on ne sent aucune pression ni aucun jugement de la part des employées qui exercent par passion. C’est une évidence. 

Test Magasion bio sans emballage Toulouse Ceci & Cela

Je continue mon petit tour et je blesse ma vision de l’épicerie traditionnelle avec ses étals de nourriture. On en trouve ici bien sûr (des pâtes, des céréales, des sucreries et autres fruits secs, des épices, et plein plein de denrées non périssables, ou presque, dans des dizaines de bocaux qui livrent bataille à un étal de produits frais accompagné d’un rayonnage de thés/cafés) MAIS ce n’est pas tout ! 
Il y a aussi un rayonnage hygiène et produits ménagers. 
C’est là que commence la vraie découverte : des dentifrices solides sur des bâtonnets de sucettes, des shampoings solides pour chaque type de cheveux, des pains de savon aux senteurs variées, etc. Mais tu sais ce que j’ai trouvé également ? Le papier toilette de Toulouse ! Oui oui !! Après sa violette, sa briquette, son Capitole, sa Grave (clin d’oeil aux #igers du jeudi), Toulouse a son PQ, recyclé, fabriqué et emballé dans notre terroir !
Je sais maintenant quoi offrir à mes amis bordelais !! 😄 Allez, je rigole, on vous aime bien quand même. Parfois.

Test Magasion bio sans emballage Toulouse Ceci & Cela

On passe à côté, voici le rayon ménager où des gros bidons de lessive, de liquide vaisselle se disputent la place avec du vinaigre, du savon et du bicarbonate alimentaire. Il y a ici plus de poudre blanche que dans les bureaux de la brigade des stups !
Je ne vais pas te mentir, je ne sais pas comment utiliser les trois quarts des produits.

Mais comme je suis repartie de la boutique avec un livre (Pffff, on ne se refait pas, bis du bis du bis) « Famille presque zéro déchet« , j’espère bien pouvoir utiliser quelques astuces et produits de l’épicerie après la lecture ! 
J’ai un
peu commencé au rayon beauté, notamment pour les voyages. Un peu. Par
aspect pratique. Je t’en dirai plus au retour de Cuba. 
 

livre zéro déchet Test Magasion bio sans emballage Toulouse Ceci & Cela

Bref, dans cette épicerie, on trouve donc également des livres : sur l’utilisation du bicarbonate, du vinaigre, et puis celui-ci, qui m’a convaincue. Il est bourré d’humour, de couleurs, de dessins attrayants et tout aussi drôles que le texte. Une écologie un peu plus accessible et digeste pour le grand nombre, élevé dans la période capitalo-matérialiste, que les campagnes politiques des Verts. 

Enfin, mon dernier argument de novice. Et pas des moindres !
Tu connais mon amour des livres. Ou si tu fais partie des dizaines de nouveaux abonnés, voilà, j’avoue, j’ai un toc sacré : je ne peux pas sortir d’une librairie/d’une bibliothèque sans un bouquin (même d’une épicerie manifestement, et ça c’est une première). C’est péché dans ma religion.
Alors imagine ma tête face à cette merveille !! 

Test Magasion bio sans emballage Toulouse Ceci & Cela boite à livres

Ouiiiiii, une toute petite boîte à livres !! J’en cherchais désespérément une depuis que la municipalité a décidé de retirer celles que je connaissais. Je ne doute pas un instant qu’elle explose dans peu de temps.
Si tu ne connais pas le principe : tu fais don à la boîte des livres que tu ne souhaites pas garder chez toi. N’importe qui peut se servir en lectures. En général, pour les petites boîtes comme celles-ci, la règle est que pour un livre que l’on pose, on en prend un autre, afin de réguler un peu l’espace et la variété. Ici rien n’est précisé mais pourquoi pas essayer de fonctionner ainsi ?
Sinon, Ceci & Cela, vous risquez d’avoir à construire une cabane à livres en palettes bio au coin de la rue (et je valide aussi si vous vous lancez 😜!!)

*****

Au final, tu sais, je ne connais personne de mieux placé pour te parler de cet endroit que les personnes qui l’ont créé. 
C’est pour ça que je leur donne la parole, et aujourd’hui c’est Louise qui se prête à l’interrogatoire : 

Crédit photo @ceci et cela



La World Coolture : Comment décrirais-tu ta boutique ? 
Louise : Il s’agit d’une épicerie bio de 55m2, sans emballage, avec des produits consignés et en vrac. Les produits sont locaux. Le but est de limiter au maximum les emballages. Tu peux venir acheter avec tes bocaux en verre, tes bouteilles ou tes boîtes mais si tu es tête-en-l’air, il y a aussi des petits sacs biodégradables de proposés.

LWC : D’où est venue l’idée de monter cette affaire ? 
Louise : J’ai fait des études en école de commerce qui m’ont amenée à faire plein de stages dans des grosses boîtes dans lesquelles je ne me suis pas trop épanouie, donc je me suis dit : « Louise, il faut que tu crées ton propre truc ! « . J’avais envie de faire quelque chose autour de l’écologie, quelque chose qui ait du sens. J’ai eu le déclic en Turquie car là-bas les poches plastique ne sont pas interdites et il y en avait vraiment partout. C’est là que l’idée a commencé à germer, puis j’ai vu que le concept existait déjà à Bordeaux.
Du coup, j’ai fait mon stage de fin d’études dans un groupe de magasins bio afin de voir un peu comment cela se passait et à la fin du stage, je me suis lancée à 100% sur le projet dans lequel tu es actuellement ! C’était en octobre 2015. 😊

LWC : Comment les toulousains ont-ils accueilli la nouvelle de l’ouverture de ton épicerie ?

Louise : Je pense qu’en règle générale il y en a beaucoup qui ne sont pas encore au courant ! Et quelques-uns nous suivent régulièrement sur les réseaux sociaux, on a eu plutôt un bon accueil. Ca s’est traduit notamment par l’implication dans un financement participatif à l’achat de la vitrine traiteur et de la caisse et en échange, ils recevaient de petits dons à l’ouverture sous forme de lots. On avait demandé un financement de 4850€ et on a récolté 7000€ de dons !
Pour nous, ça a été un premier indicateur comme quoi il y avait quand même du soutien et de l’attente autour du projet.
Par la suite, pas mal de journaux gratuits sont venus à l’ouverture et on a eu plein de commentaires sympas et la page facebook a eu rapidement un grand nombre de suiveurs.

LWC : Que conseillerais-tu aux débutants (comme moi), qui franchissent le seuil du magasin et qui sont un peu perdus ? Quel serait le produit vers lequel s’orienter quand on ne connait rien au développement durable ? 

Louise : Déjà, venez en mode « tranquille ». Il n’y a pas besoin d’être écolo pour entrer dans la boutique ! 😉 Et au contraire, on apprécie de voir venir les personnes non initiées !
Avant tout, on vend ici de bons produits et je pense qu’écolos ou non, les gens sont intéressés par cette démarche.
Ensuite, une des premières choses à changer dans ses habitudes pour franchir le cap, au-delà d’acheter en vrac, c’est certainement d’utiliser des shampoings et savons solides à la place des produits liquides. Je pense que c’est l’habitude la plus facile à modifier, la transition n’est pas énorme.

(Et tu as raison Louise, j’ai commencé par ça ! Même si je ne suis pas encore allée vraiment au-delà, d’ailleurs !)

LWC : Y a-t-il des extras à la boutique elle-même ? (des ateliers, des partenariats…)

Louise : On essaie de programmer des ateliers. Là par exemple il va y avoir deux ateliers cuisine, un pour faire ses propres conserves, s’initier aux techniques de conservation et un autre pour réaliser un carrot cake. On a eu programmé aussi un atelier pour faire ses propres produits d’entretien ménager, et un atelier d’échanges autour des expériences du zéro-déchet.
Actuellement, on a également créé un partenariat avec une association de running toulousaine et on organise à l’occasion des apéros le soir après leur course.
Ensuite on a encore plein plein de projets mais c’est vrai que dans un premier temps, on essaie de faire tourner correctement la boutique ! 

LWC : Quels sont justement tes projets pour l’avenir ? Dis-nous tout ! 

Louise : A terme, j’aimerais bien proposer des fruits et légumes, développer les relations avec nos producteurs, faire davantage découvrir nos producteurs à nos clients, participer à l’amélioration du traitement des déchets au sein de la ville de Toulouse. Ca n’est pas très politiquement correct de le signifier mais il y a du boulot ! Je me rends compte déjà que les gens ne savent pas trier et ce serait facile d’organiser un atelier de tri dans la rue. J’aimerais donc beaucoup contribuer d’une manière ou d’une autre à ça.
Mais l’objectif n°1 pour l’année à venir est que Ceci & Cela devienne réellement un lieu de vie et que l’on enrichisse notre gamme de produits.

LWC : Le mot de la fin ?

Louise : VENEZ NOMBREUX ! 😄
On a déjà beaucoup de visites et de clients fidèles mais maintenant on a vraiment besoin des retours des uns et des autres pour nous donner des idées d’animations et d’ateliers. On est preneurs des bonnes idées de chacun, ou même de toutes les idées tout court ! Dites-nous !!

(personnellement j’ai suggéré un atelier pour apprendre à cuisiner les restes comme les épluchures, les fanes… bref tout ce qui peut aller dans le composteur qu’on n’a pas ! 😄)

Les parties commentaires du blog, de ma page Facebook et tous les contacts de l’épicerie te sont ouverts cher globe-croqueur de bonnes choses ! N’hésite pas ! Et même si tu n’es pas toulousain (personne n’est parfait 😄) tu peux aussi avoir des idées à soumettre ! Fais-toi plaisir. Régale-nous ! 

*****
Crédit @ Ceci et Cela

Pour terminer cet article, j’ai quand même voulu tester un de ces extras, proposés par la boutique. J’ai donc essayé l' »after-work zéro (presque) déchet » et je te livre mes impressions !
Lorsque l’on nous demande de ramener nos gobelets pour le petit apéro, le ton est donné. Mais je trouve ça très bien et voilà enfin une utilité à tous ces gobelets de feria et autres Rio Loco (festival toulousain de musique) consignés, utilité autre que celle de servir pour les enfants des amis de passage (qui viennent souvent sans leurs gosses au final). 


Et sinon comment ça se passe ? 
Presque comme un groupe de parole mais en plus sympathique et moins honteux !
Nous voilà une petite quinzaine avec 4 hommes pour 10 femmes environ. Et encore, trois d’entre eux étaient en couple, dont le mien, donc.
Tiphaine, jeune blogueuse « zéro déchet », est l’animatrice de notre fin d’après-midi. Dynamique, jolie et souriante, je suis loin du cliché de la bobo des cities habillée de pantalons trop larges et de chemisiers en coton bio mal coupés.
L’after-work se veut moment de partages d’expériences, d’interrogations, de trucs et astuces. Les idées fusent dans tous les sens, les expériences aussi.
Un peu compliqué de s’y retrouver quand nos expériences personnelles sont aussi plates que la poitrine d’Amélie Mauresmo. Mais je me note des idées ça et là : les clous de girofle plantés dans des agrumes (oranges) sont de très bons anti-moustiques !! Un peu compliqué en road trip, mais parfait pour la maison !
Puis devant ce panel d’intéressés plutôt qualifiés, nous voilà embarqués dans un tour de salle des présentations, que nous ne terminerons d’ailleurs jamais tellement tout est matière à discussion. Sont donc présents des ceintures noires de zéro déchet et zéro chimie toxique, une étudiante nouvellement végétalienne, une future propriétaire de restaurant végétarien… et puis, ben nous, les seuls venus parce qu’ils ont vu de la lumière et une porte ouverte. Ou presque.
Ce qu’il y a de bien, c’est que quand le vase de la connaissance est vide, on ne peut que le remplir en apprenant.
C’est donc ce que l’on fait : on écoute plus que l’on ne parle et l’on sourit devant l’enthousiasme général qui explose en parlant de monter une association de zéro-déchet, ou une start-up, de s’échanger des adresses pour les jardins partagés et arriver à l’auto-suffisance alimentaire (ou presque), de faire bloc pour aller faire pression auprès de la mairie afin d’avoir des composteurs en centre-ville, de trouver une grande salle ou un amphi pour faire venir le gourou du zéro-déchet (Béa Johnson) sur Toulouse…

L’expérience s’achève sur un « à très vite » et l’on repart avec quelques bonnes idées : 
– notre anti-moustique épicé
– l’idée d’aller chez le boucher, le fromager, ou autre petit commerçant, avec des tupperwares pour éviter d’emballer les produits dans du papier et de les mettre dans un sac plastique (ce qui coûte un bras au commerçant et représente pour lui un manque à gagner). Ca marche aussi au marché avec le fermier qui vend ses oeufs en amenant une boîte à oeufs. Mais il va falloir trouver une astuce pour les 30 jours qui servent à mettre en place une habitude, pour ne pas oublier les récipients car nous sommes de vraies têtes-en-l’air !
– l’idée de remplacer le liquide vaisselle par du savon de Marseille liquide.
– une adresse internet : celle du site de Tiphaine, Diminish.it (j’aime bien le jeu de mots !)
– l’envie de faire encore plus d’économies « faciles » en faisant attention à notre consommation.

L’expérience est intéressante.
On ne deviendra pas les nouveaux Béa Johnson siamois mais l’éco-responsabilité donne matière à réfléchir sur sa consommation et implique quelques petits changements à ce niveau. Au final, ce ne sont que des habitudes à transformer et souvent pour du meilleur. Sauf si tu as plus de 76 ans, ça ne devrait pas poser trop de problème ! 😉
Néanmoins, je ne terminerai pas végétarienne qui fait sa lessive à paillettes toute seule au fin fond du plateau du Larzac, je te rassure ! 😄

*****
Quelques informations pratiques 
si toi aussi tu as envie de tenter l’expérience, quelle qu’elle soit : 

Vos petits mots

  • Super article ! Bon c'est sûr, je suis un peu loin, mais j'approuve ce genre d'initiative à 200% ! Au Japon, on trie bien les déchets, mais les rayons bio (et magasins bio) sont rares ! Ah, si je parlais couramment japonais, je monterais un truc d'enfer à Tokyo ! En tout cas, quand je reviendrai dans mon sud-ouest, si je vais à Toulouse, je passerai par cette petite épicerie qui a l'air vraiment sympa, merci de la faire découvrir !

    • Je trouve également l'idée excellente. Biocoop avait commencé le mouvement mais là c'est encore mieux pensé et réfléchi.N'hésite donc pas à y passer quand tu reviens ! Testé et approuvé ! Si tu veux vraiment monter une affaire au Japon, tu ne peux pas trouver un associé japonais éventuellement ?

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