« Le jour où Anita envoya tout balader » de Katarina Bivald

Katarina Bivald est une auteur suédoise que j’ai découverte grâce à son premier roman, La bibliothèque des coeurs cabossés qui avait tout pour me plaire : la couverture et le résumé !
Mais j’ai utilisé l’imparfait. Je n’ai pas été convaincue par le récit trop mou, trop passif.
Avec ce nouveau roman qui vient de paraître, je suis dans le même cas de figure : une couverture sublime (as-tu remarqué que le chat est présent sur les deux romans ?) complétée par un résumé qui m’allèche le neurone littéraire.
La finalité des deux lectures sera-t-elle la même ?
Viens voir ! 

Lecture roman Le jour où Anita envoya tout balader

Anita a 38 ans, un emploi au supermarché du coin, une mère sénile en maison de retraite, deux meilleures amies cyniques autant qu’attachantes et… une fille de 19 ans qui quitte leur domicile pour aller étudier à la fac. Anita a donc maintenant aussi un grand vide dans sa vie à combler.
Se replongeant dans ses souvenirs, elle se rappelle alors les trois voeux qu’elle avait faits à 18 ans : avoir une moto, avoir une maison, être indépendante.
L’indépendance est acquise depuis ce jour où elle s’est découvert enceinte. Mais pour les deux autres ? N’est-ce pas le bon moment, à présent, pour s’inscrire dans la moto-école du village ? Et se lancer dans de multiples projets pour remplir autant que pour faire avancer sa vie ? 

Mon avis ? 

Je ne vais pas te mentir, les cent premières pages ont été pénibles à lire. J’ai trouvé la mise en place du décor très longue et pompeuse en motivation. Mais après tout c’est la description de la vie d’une mère célibataire qui peine à assumer son rôle du mieux qu’elle le peut, avec le peu de moyens qu’elle a. La mère a éclipsé la femme pendant 19 ans et lorsque l’enfant prodigue quitte le nid, il ne reste plus que le face à face avec la femme endormie. Mais aussi avec la routine, avec un passé plus présent qu’un futur, avec des doutes, avec l’absence criante de projets qui font avancer…
Une vie à dérouler comme le macadam d’une autoroute grise et à faire pleurer un comprimé de Prozac ! Voilà le ton de ces cent premières pages.
Mais Anita, contrairement à sa mère, n’est pas du genre à se complaire dans la déprime. Elle va se prendre en main, avec dynamisme et humour, et va se lancer le défi de sa vie en s’inscrivant à des cours de moto, pour honorer le voeu de ses 18 ans.
Le dépoussiérage est long. Il n’y a que dans la pub Swiffer que le coup de chiffon magique nettoie mieux en une nano-seconde que le frétillement de nez de la sorcière Samantha !

« Il porte un costume froissé qui a du être moderne à l’époque où j’avais des relations sexuelles régulières. »

C’est le premier pas sur le sentier des projets qui s’enclenche là.
Je suis sûre que ce récit fait écho à beaucoup de personnes entre 30 et 40 ans : crise de la lassitude, mal de notre société contemporaine. On s’ennuie, bore-out à tous les étages ! Alors pour compenser une vie professionnelle qui ne nous satisfait plus, on la complète de mille projets personnels qui nous passionnent et nous font avancer. Parfois en freinant un peu à cause des mauvais conseils de l’entourage (non, je n’ai pas forcément apprécié les avis de l’amie Pia).
Ça te parle ? A moi oui. Énormément. Dans ces conditions, comment rester de marbre face aux aventures de notre suédoise au nom de village imprononçable ?
Et si tu ajoutes à tout ça le départ d’un enfant, deuxième traumatisme après son entrée à l’école maternelle, tu comprends bien que c’est le moment pour devenir enfin acteur de sa vie et pour ne pas se laisser aller ! 

Notre héroïne qui n’en est pas une, personnage lambda infiltré parmi nous dans un pays où en octobre on porte déjà gants et écharpes, sait toucher ses lecteurs. On rira avec elle et ses copines, on sera déçu, on sera gêné comme elle de ses maladresses, on taira ses secrets, on s’interrogera des cachotteries des autres, on s’énervera contre nous-mêmes de ces défauts que l’on possède également, on admirera sa loyauté et son humanité.
On redécouvre avec délectation les timides débuts d’une relation sentimentale et l’on se rend compte que quel que soit notre âge, on restera à ce niveau d’éternels adolescents empotés. Surtout si la bonne morale populaire s’en mêle et s’emmêle !!

Au final ? 

Voici un nouveau roman feel-good pour le cru 2016. Un réel récit optimiste qui fait la part belle aux rêves de jeunesse et à leur concrétisation quel que soit l’âge.
C’est aussi le livre parfait pour les vacances : facile à lire et prenant ( j’ai quand même dévoré les 459 pages en 5 jours en plein road trip, même dans les virages !)
Si le premier roman de l’auteur n’a pas su te convaincre, fais comme moi et laisse-lui une deuxième chance avec celui-ci. Le style et le rythme narratif sont différents, à se demander si c’est bien la même personne qui a écrit les deux ouvrages ! 

 » – Ah ! s’écrit-elle triomphante. J’ai trouvé le jean parfait pour toi.
– Linnea, c’est une jupe, je la reprends.
– Exactement. Depuis le début on fait fausse route. Pourquoi continuer à répéter la même erreur ? Manifestement, il faut voir plus grand.

Je fronce les sourcils. Et si je la tuais ! Si je l’étranglais avec un de ses denims !





Je remercie les Editions Denoël pour cette lecture ! 

*****

Ma note : 19/20

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