J’ai testé pour toi… une représentation à l’Opéra (pour une nulle) !!

Tu te souviens de cet article sur les coulisses du Théâtre du Capitole de Toulouse, en lien avec une exposition puis avec une interview d’une maquilleuse-perruquière ? (sinon, tête-en-l’air, le rattrapage c’est par ici !)
J’avais terminé sa rédaction en disant que j’allais à présent entrer dans le Théâtre du Capitole pour assister à un spectacle et voir tout ça de mes propres yeux.
C’est chose faite !
Je vais te parler un peu de cette expérience ! 

Sache qu’en 31 ans d’existence, je n’ai JAMAIS assisté à un opéra dans un grand théâtre.
Enfant de la campagne, toujours en mouvement, difficile de me faire asseoir sur un siège en velours rouge dans un espace confiné, à la ville de surcroît !
Les sorties scolaires financées correctement à l’époque nous emmenaient encore hors du département, à la mer, à la montagne, à Paris… loin d’un théâtre à 30 min de route en somme.

Pourtant, une fois, j’ai vu un opéra.
A 11 ans, j’ai assisté à une représentation de « Carmen », un soir, dans un endroit incroyable : le cirque de Gavarnie !
Pour ceux qui ne connaissent pas, ce n’est pas un cirque avec chapiteau, clowns, funambules et tout le tralala, mais un cirque de montagne, des Pyrénées, pour être précise ! Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, rien de moins !
Donc je ne sais pas trop ce que j’ai le plus apprécié : l’histoire (une femme un peu rebelle), la mise en scène (chansons et costumes) ou bien ce lieu incroyable aux capacités acoustiques imbattables ? Si on y ajoute une retraite aux flambeaux pour revenir sur nos pas une fois que l’écho eût fini de faire tourner les dernières notes, tu comprendras que ce souvenir reste gravé dans ma mémoire…

(Pour information, le festival de Gavarnie continue d’exister, durant une semaine courant de fin juillet à début août et voici leur site internet pour plus de renseignements. Cette année, c’est Merlin qui est à l’honneur ! Je t’invite à découvrir ce cadre enchanteur, à fortiori avec un spectacle original)


Gavarnie


Autant te dire que je pars de… rien dans ma perception d’un opéra classique. Par contre, en bonne française, j’ai beaucoup de préjugés sur la question !! De magnifiques points d’exclamation sur des points d’interrogation ! 

Merci Martine !! 

 Comme je sais que tu es curieux, je te les livre sur un plateau 2.0 : 

1) L’opéra produit le même effet sur mes paupières qu’un supporifique. Je vais m’ennuyer au moins autant que face au Tour de France sur écran !

2) L’opéra c’est guindé, coincé. Et moi j’ai oublié ma sciatique et ma gaine à la maison !

3) L’opéra c’est un lieu archi-codifié. Par exemple, dans une rigueur quasi-militaire, on respecte l’emploi du temps à la minute près. Ici, c’est un micro-climat, pas de quart-d’heure toulousain (de retard) qui tienne.
On fait également tout pour contenter les spectateurs en leur évitant toute gêne malvenue.

4) Quand on va à l’opéra, on s’habille sur son 31, on rentabilise le costume de l’enterrement de tatie Jeannette ou la robe du mariage du cousin de la cousine de chépuki.

5) A l’opéra, tout le spectacle est chanté et si c’est en français, on ne comprend rien, ils ont comme une patate ovoïde coincée entre la glotte et le plafond buccal.

6) Il y a des divas cantatrices, la plupart du temps un peu rondes.
Avoue que toi aussi tu penses à 

Mais si tu fouilles bien au fond de ta mémoire, tu penses aussi à :

7) Le lieu est impressionnant, avec du velours rouge et du bois lustré qui brille (et qui glisse).

8) Etant donné le prix d’entrée, tu n’y vas pas tous les samedis soirs.

Voilà pour les à-priori à peau de cuir qu’il me semblait posséder avant de franchir la lourde double porte.

Préjugés VS réalité !! 

Maintenant, là où ça devient intéressant c’est que la sympathique artiste de l’ombre de la dernière fois m’a proposé une place pour assister à la répétition générale du dernier opéra en date, un mercredi après-midi. Une place pour mes préjugés et moi ! Youpi ! J’espère que la place assise est grande !! 

Aujourd’hui, on assistera aux « Noces de Figaro » ! 
Le sésame !
 

Comme il s’agit d’une répétition, les conditions ne sont pas exactement les mêmes que dans le cas d’un véritable spectacle. Je n’ai donc pas pu assommer ou redorer certaines de mes représentations.

C’est le cas du préjugé 4) avec sa tenue classe puisque tout le monde s’est cru à Mac Do avec son « venez comme vous êtes » ! En même temps, un mercredi après-midi, on peut supposer que d’autres obligations vous incombaient avant et après le spectacle et que faire les courses en robe à paillettes, c’est moyen, même si on ne le répétera jamais assez : il faut être « glamour même à Carrefour ! »
Il y aura tout de même une exception : le personnel masculin du Théâtre, beaux comme des pingouins lustrés, tant du costume que de l’appareil dentaire.

Mais aussi du préjugé 8) puisque j’ai eu la place gratuite. Par curiosité, je suis allée sur le site du Théâtre du Capitole et j’ai découvert que là où s’est posé mon popotin de roturière, le siège coûtait 86 €. Ca fait beaucoup pour deux demi-lunes dont j’aimerais me débarrasser du quart…! 
Mais je me souviens aussi que la représentation dure… trois heures ! 
La durée ne faisait aucunement partie d’une idée reçue tellement j’étais persuadée que ça tournait autour d’une heure trente ou deux heures, comme au théâtre. 
TROIS HEURES ?? Bon, en soirée ça peut le faire, mais un après-midi, on a autre chose à faire et c’est que c’était pas prévu mon bon monsieur !! Solution : s’enfuir lâchement en prétextant suivre un papillon lors de l’entracte.
Mais ça aussi ! Un ENTRACTE ! Je n’ai plus connu depuis les films projetés dans le cinéma de village et durant lequel l’affiche du film était tirée au sort avec le numéro du billet d’entrée ! (non, je ne chiffrerais pas les années. Sache juste que je ne l’ai jamais gagnée.) 

Ceci étant dit, BIENVENUE dans le Théâtre du Capitole !!!

Préjugé 1 : le supporifique
Replaçons dans le contexte : il est 14h, je suis sur la digestion, je suis installée comme une princesse dans un fauteuil rouge en velours et divinement confortable avec deux accoudoirs, dans une salle chauffée et face à des personnes qui chantent en langue étrangère. Pas besoin de développer davantage, le marchand de sable se déplace pour moins que ça habituellement…
           —–> Préjugé FONDE ! 

Préjugé 2 : le balai doré dans le …. 😳
Même si la place dans le hall est importante, clairement ce n’est pas là que tu assisteras à un spectacle de hip hop sauvage !
Le lieu en impose, le personnel aussi, beaucoup de personnes âgées qui assistent à la représentation. Pour cette répétition en tout cas, ce n’est pas tellement les règles tacites de la société à l’opéra ni du rang social qui donnent cette impression guindée mais plus le respect de l’endroit majestueux et le respect que l’on doit aux personnes d’un âge plus avancé.
A voir ce que ça donne un soir de week-end ? 
         —–> Préjugé NON FONDE ! (à confirmer le week-end)

Préjugé 3 : Programme réglé comme du papier à musique classique 
Ouverture des portes prévue à 14h. 14h05, une file d’attente énorme se transforme en chenille qui piétine d’impatience sur la place du Capitole. 
Donc un peu de gêne quand même à poireauter longtemps debout, devant une entrée de parking, en plein soleil qui cognait sévèrement sur nos épidermes d’albinos hivernaux.
Hormis les débuts un peu flottants, oui, les temps sont respectés mais sans que ce soit pesant pour le spectateur.
       ——> Préjugé SEMI-FONDE ! Je suis honorée de voir qu’ils prennent tant à cœur la tradition du quart-d’heure toulousain ! 

Préjugé 5 : on ne comprend rien aux paroles 
Sauf si tu as suivi le cours génétique Rital Avancé comme Mr Coolture, tu risques de te heurter au même problème que moi : je n’ai RIEN pigé ! La plupart des opéras sont en italien et celui-ci n’échappait pas à la règle. Même si je comprends globalement cette langue en situation duelle et instantanée, c’est beaucoup plus complexe en chantant !
Je m’apprêtais à passer les 2h les plus longues de ma vie (exception faite des cours de philo de terminale S), quand la bonne âme charitable voisine m’a indiqué l’écran sous le plafond et au-dessus de la scène.
LA VOST FR ! Sauvée ! Rodée avec l’entraînement des séries américaines, je vais dompter son cousin à vocalises en moins de deux ! 💪
Oué, sauf que les rêves c’est la nuit. Ici on rajoute des handicaps pour voir si tu es vraiment motivé : si tu es au balcon latéral, comme moi, tu devras te dévisser la tête en priant pour que des vertèbres cervicales fassent l’opéra buissonnier pour regarder l’écran. Et puis c’est super compliqué, vu le delta sous plafond, de regarder à la fois les sous-titres et ce qu’il se passe sur la scène. Même en se dissociant les globes oculaires. (et comme il parait qu’on peut rester coincé comme ça, j’ai évité ! 😂)
Je pense que ça aussi ça doit demander un entraînement intensif régulier ! 
        ——–> Préjugé SEMI-FONDE ! Tu peux comprendre si tu te places correctement dans la salle et si tu es rompu à l’usage d’une version sous-titrée.

Préjugé 6 : les chanteuses d’opéra sont bien en chair
Si j’en crois la brindille à poitrine généreuse jouant un des rôles principaux, je peux répondre de suite : 
       ——-> Préjugé NON FONDE

Préjugé 7 : un lieu de représentation majestueux

Des « tags » baroques au plafond, du velours rouge, du bois vernis au sol (prends des crampons à talons par précaution !) et des colonnes ornées. On est bien dans mon imaginaire (et encore sur la photo on ne voit pas l’impressionnant escalier de marbre). 
     ——-> Préjugé FONDE

*****

J’avais donc raison et tort tout à la fois.
Comme quoi, il faut TOUJOURS aller vérifier par soi-même avant de véhiculer des stéréotypes et des représentations erronées.
Même si l’opéra ne deviendra pas franchement une passion dévorante, j’ai apprécié cette expérience, de découvrir toutes ces nouvelles choses.
Je valide le coup de jeune que souhaite insuffler le Théâtre en proposant par exemple d’essayer les costumes lors des journées portes ouvertes. J’ai vu sur beaucoup de murs facebook toutes les tranches d’âges en train de s’éclater là bas ! Il faut donc continuer sur cette lancée afin de donner une image plus dynamique et plus accessible à la jeunesse. 
 
Maintenant pour clore ce chapitre Théâtre du Capitole, il va me rester à tester un ballet ! Je ne te cache pas que ça m’emballe un peu plus que l’opéra ! 
Affaire à suivre… 😉

Je t’invite à venir voir avec moi à quoi ressemble l’intérieur du lieu, essentiellement pendant la journée portes ouvertes du Théâtre en vidéo : 

Mea culpa pour la qualité de la vidéo en salle obscure, mon appareil n’étant pas très performant dans ces conditions…

Mes conseils de débutante

– L’opéra dure trois heures en moyenne. Prévois ta plage horaire.

– Regarde également l’orchestre. C’est un spectacle parallèle ! 

– Si tu le peux (et que tu as les moyens), place toi au balcon, premier niveau, face à la scène car c’est le plus facile pour suivre à la fois les sous-titres et la scène.
Evite les places latérales, tu ne verras pas certaines parties de la scène.

– Si tu t’installes quand même sur les places du balcon latéral, bâillonne ton vertige : il faut passer par dessus les sièges du fond pour accéder à ceux en bord de garde-fou. J’ai flippé de faire une fausse manoeuvre et d’atterrir direct dans la fosse de l’orchestre !  

– A l’entracte, tu peux aller te rafraîchir le gosier au bar (au premier niveau).

– Lis le synopsis de l’histoire avant de te rendre à la représentation. J’ai mis environ 30min avec toutes les informations visuelles à gérer pour comprendre un semblant de scénario ! Le souvenir de l’oeuvre étudiée au lycée était terriblement loin , enterré !

– Va chez le kiné te faire masser les cervicales pour délier les tensions en amont. Répète l’opération le lendemain de la représentation.

– Si le spectacle est à placement libre, arrive 45min à l’avance pour faire la queue dans les premiers et choisir ta place autrement qu’à défaut.

– Si, comme pour moi, il s’agit d’une répétition générale, prends ta patience en bandoulière. Le spectacle peut être arrêté à tout moment pour procéder à divers réglages et reprendre plus tard. Il peut y avoir des couacs. Les capacités vocales des chanteurs ne seront pas poussées comme lors d’une vraie représentation afin de ménager leurs cordes vocales.

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