Tout ce qu’on ne s’est jamais dit

C’est le premier livre que je lis pour le Prix Relay des Voyageurs 2016.
Kesako ? 
C’est un prix littéraire qui récompense un des quatre livres sélectionnés par un jury de professionnels.
Pendant quatre mois, à raison d’un livre par mois, nous est proposé un de ces quatre ouvrages. A ce jour, les quatre sont parvenus aux blogueurs partenaires dont je me RÉJOUIS de faire partie ! 😻
Nous les chroniquons, donnons notre avis, et toi, lectonaute, tu es aussi invité à les lire en parallèle.

Pourquoi ?
Tout simplement parce que tu peux élire à compter d’aujourd’hui et jusqu’au 3 juin ton livre préféré parmi ces quatre et remporter plein de très chouettes cadeaux si tu votes pour le même livre que celui choisi par le jury final le 4 juin !  (le grand gagnant repart avec un séjour en Toscane pour deux personnes ; j’y suis allée l’an dernier, ça vaut le coup de se fendre d’un vote !) 
(pour le vote, ça se passe ici !)

Ayant généralement un assez bon pif pour trouver les gagnants de concours, on ne sait jamais, tu devrais lire mes chroniques de ces romans !!  😄

Aujourd’hui je te propose donc de découvrir le troisième livre de cette

sélection mais que j’ai reçu (et donc lu) en premier.
Il s’agit de Tout ce qu’on ne s’est jamais dit.


Ce  beau livre noir illustré de deux mains semblant un peu gauches, embarrassées, est le premier de son auteur, Celeste Ng, née de parents chinois immigrés aux Etats-Unis.
On sait que les questions abordées dans le roman lui tiennent à coeur mais on se demandera tout le long s’il ne s’agit pas quelque part d’une partie de sa propre expérience…

Quoiqu’il en soit, voilà un roman qui m’a surprise. J’ai fait fausse route dès la couverture. Pourtant tu sais comme j’y accorde de l’importance et que j’aime disséquer cette mise en bouche ! Etant donné sa couleur, sa mise en page et son titre, je m’attendais à dévorer un roman policier.
Echec. A plus de la moitié de l’ouvrage j’ai compris qu’il s’agissait d’un drame psychologique et familial !

On suit la vie d’une famille de cinq personnes : les parents et leurs trois enfants : Nath, l’aîné, Lydia et enfin Hannah, la petite dernière. Sauf que dès les premières pages, on nous met dans une ambiance qui démarre en « tombe » : Lydia est retrouvée morte.
C’est là que je m’attendais à une enquête rondement menée alors que le roman va dérouler le cheminement psychologique des personnages face à ce deuil inattendu, celui de l’enfant prodige de la famille que ses parents poussaient au succès à l’extrême. Pour comprendre toute la finesse des émotions contemporaines, l’auteur nous replonge dans le passé des personnages, qu’il soit proche ou plus lointain.

Et sinon : mon avis dans tout ça ?

J’ai complètement adhéré à la plume tout en finesse de cet auteur. Je n’ai pas pu décrocher de mon moment de lecture chaque jour, j’avais toujours envie d’en lire davantage malgré la fatigue écrasante ou les obligations (lire un livre passionnant OU déballer les cartons post-déménagement, le choix est TELLEMENT compliqué !). Pour moi, c’est un critère essentiel : le « ventousage compulsif aux pages » détermine la réussite d’un roman ! (presque autant que l’esthétisme d’une couverture !! 😜)

Les thèmes développés me parlent : les secrets de polichinelle au sein des familles, l’exclusion liée à la différence et plus particulièrement au racisme, le manque de communication qui peut amener très loin les idées faussées, le mal-être intergénérationnel des adolescents, la détresse de l’enfant non désiré dont la vie se retrouve marquée au fer rouge et de manière innée par cette grossesse impromptue.

Néanmoins, malgré ces points positifs indéniables, j’ai eu un énorme sentiment de malaise à la lecture de ce roman, à chaque fois que je refermais le livre. J’imagine bien que c’est l’effet recherché par l’ambiance créée par son auteur. En ce sens c’est un succès !
Mais d’un aspect purement personnel, je n’aime pas être habitée par ce sentiment, que j’ai rarement ressenti au fil de mes lectures (même avec des choses aussi noires que des Stephen King) peut-être parce que l’histoire fait écho à des choses qui me touchent, qu’elles sont très réelles, et que n’importe qui pourrait s’y trouver confronté dans la réalité… Aucune idée ! 

Au final ? 

Un excellent livre qui distille le suspense par petites touches, à la seringue, dans ton inconscient. Il mettra ton moi-psychologique en émoi. Il va t’imprégner longtemps après que la quatrième de couverture ait été refermée.
(La fin semblant avoir de multiples lectures, je suis curieuse de connaître la tienne…? ☺)
En bien, en mal, à chacun de voir. De mon côté je suis partagée entre le brio de l’auteur pour nous amener dans des chemins mentaux tortueux et d’un autre côté par ce sentiment de mal-être que m’a laissé l’histoire.


*****




Ma note : 16/20


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.