Le voyage c’est aussi celui qui n’a pas de billet retour…

Hier un gamin dans les rayons du supermarché m’a demandé
« Pourquoi… ? »
Sa mère l’a appelé et il n’a pas eu le temps de finir sa phrase.
C’est là, dans ces moments, que ton imagination entre en jeu. On est au
supermarché. Bon…
Pourquoi les bonbons qui piquent n’ont pas un gros panneau « ATTENTION »
sur le paquet ?
Pourquoi il n’y a pas de dragibus violet ?
Pourquoi il n’y a jamais de feutre blanc dans la pochette de feutres alors
qu’il y a un crayon blanc dans celle des crayons de couleurs ?
Pourquoi on dessine toujours les nuages en bleu alors qu’en vrai ils sont gris
ou blancs ?
Bref, on pourrait continuer longtemps.
Avec mon esprit tordu, je n’ai pas du tout pensé à ça pendant que j’attendais
patiemment mon tour en ayant choisi la mauvaise file, celle qui va à 2 à
l’heure, comme d’habitude.
Non, j’ai pensé à toi.
Pourquoi… es-tu quelqu’un de si important pour moi, toi ?

Parce que j’aime le dimanche grâce à toi.

Parce que j’aime te regarder déguster ta patate au beurre avec avidité après
que tu aies dépecé la mienne.

Parce que les œufs à la coque du dimanche midi sont plus qu’une tradition,
c’est une institution. 

Parce que tu m’as appris ce qu’étaient le pain perdu, la soupe à l’oignon et
que non, RIEN ne se jette, tout se recycle. Lavoisier en tablier, sors de ce
corps. 

Parce que je me demande toujours comment tu fais pour cuisiner des plats
comestibles dans une poêle noire d’usure et aussi gondolée que ta peau. Ca
ressemble plus à un enjoliveur des années 50 qu’à une poêle. 

Parce que j’aime te regarder attacher tes cheveux fournis avec tes épingles à
cheveux, sans élastique ni pince. A 31 ans, j’en suis toujours incapable. D’ailleurs
ma brosse à cheveux  a entendu tout mon
panel de gros mots au grand complet. 

Parce que j’aime regarder les photos de toi un peu cornées, en noir et blanc un
peu jauni, quand tu étais la reine de beauté du village.  Un instagram vintage.

Parce ce que tu n’as jamais compris pourquoi je préférais les petites voitures
et les jeux de garçons aux poupées et au jeu de papa et maman mais que tu t’es
contentée de sourire.

Parce que quand tu me poussais petite sur la balançoire j’avais l’impression de
toucher les feuilles des cimes des platanes et le soleil. Bon, des fois,
j’avais juste l’impression que j’allais faire un 360° vertical autour du
portique mais ça c’était les jours où il faisait gris. Dans le ciel ou dans mon
cœur.

Parce que tu ne me demandes jamais de fermer ou de ranger un livre quand nous
sommes à table. Tu aimes les histoires que l’on raconte.

Parce que d’ailleurs je peux te raconter toutes les histoires que je veux, même
mes grosses bêtises, et jamais tu ne me grondes. Il y a toujours une
circonstance atténuante extérieure à la volonté de mon plein gré !

Parce que tu gardes mes secrets pour toi. Tous. Même celui… non, chut, on a
dit. 

Parce que quand tu me regardes, je vois des étoiles dans tes yeux et un grand
sourire qui lisse tes rides comme le meilleur des Q10. Le cygne a pris la place
du vilain petit canard dans la magie d’un regard. 

Parce que face à toi, malgré les années et les décennies qui défilent, j’ai
toujours 10 ans. 

Parce que, encore mieux que Big Brother, tu vois quand quelque chose ne va pas.
Même si je me peinturlupette la figure comme un Picasso avec les meilleurs
produits Gemey pendant 2h. 

Parce que j’ai toujours cru qu’avec tes lunettes aux verres fumés tu étais une
star en planque. 

Parce que ton courage face aux coups durs de la vie rend ridicules Bruce
Willis, Tom Cruise et Shwarzy réunis. La véritable force est anonyme. Le fameux
côté obscur…

Parce que les conseils que tu me donnes sont parmi les plus importants qu’une
femme doit connaître. Tu ne les as pas entendus au même âge et tu évites que
les erreurs se répètent. Même si la société nous incite au contraire. Ne JAMAIS
céder aux diktats des autres. 

Parce que tu gardes toujours précieusement dans ton portefeuille  ce poème que j’ai écrit pour toi, il y a quelques années. 

Parce que quand je regarde les sillons du temps sur ton visage et leur
enchevêtrement, ça fait comme quand on regarde les nuages et qu’on s’amuse à
dire à quelle forme ils nous font penser. Et puis j’aime les histoires que
chacun d’eux raconte.

Parce que j’ai enfin rencontré celui qui gagnera ton estime et qui te fera me
tapoter la main avec un grand sourire édenté. En confiance pour le futur. Comme
je le suis.  

Parce qu’il est d’origine italienne et écouterait avec plaisir ta chanson
préférée « Con te partiro » d’Andrea Bocelli et te la traduirait même
si tu es sage. Oh cette chanson qui nous correspond si bien,
aujourd’hui…

Parce que…… je parle de toi au présent alors que tu es partie faire un grand
voyage sans billet retour  il y a un an
précisément, un 31 janvier.

Parce qu’il ne se passe pas un seul jour sans qu’une larme vienne caresser ton
souvenir. 

Parce qu’il m’arrive encore de me dire que dimanche je vais pouvoir te raconter
telle ou telle chose avant de me dire que non, je ne pourrai pas. 

Parce ce que tu laisses un vide immense même si au contraire j’ai l’impression
que mon cœur déborde d’un trop plein. Par les yeux notamment. 

Parce que je ne porte pas d’alliance au doigt, tu avais raison, on peut aimer
encore plus fort sans avoir à le prouver au reste du monde. 

Parce que je ne porte pas d’alliance au doigt mais que je porte la tienne
contre mon cœur. Tu peux ainsi mesurer le rythme du manque de toi. 
Tu peux l’entendre battre devant les merveilles du monde entier que tu aurais
aimées découvrir aussi.
J’emporte une partie de toi dans tous ces endroits. Dans tous ces moments.

Parce que tu me manques tellement mais que j’ai si peur de t’oublier.
Parce que je t’aime. Tout simplement.

Merci pour tous ces beaux moments et tous ces beaux
souvenirs ma petite Mamie Onie. Merci pour tout.
Je suis riche de toi.
Tu vis toujours à travers moi.
Hier je me souvenais de toi et du fait que tu ne sois plus.
Aujourd’hui je chéris ta mémoire et je la laisse vivre.
Je pense à toi. Je penserai toujours à toi. Avec un sourire sur mon cœur. Celui
que tu aimais tant.
Tu peux continuer en paix, où que tu sois.
Tout ira bien.

Au revoir mamie. A plus tard. Mais pas tout de suite.
Il me faut encore vivre quelques histoires pour te les
raconter. 

Ta petite fille pour toujours. 

PS : Nikki Abbot et Catherine Chancelor sont toujours les meilleures amies
du monde dans « les Feux de l’amour ». Tu n’as rien loupé. Ca devient
« le réchauffé de l’amour » cette série, j’te jure.

Vos petits mots

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.