D’accord – Denis Beneich

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Lecture pour le coup de cœur des lectrices Femina du mois de mai, et si je me fiais à la couverture, elle avait tout pour me plaire : turquoise comme les couleurs du blog avec une valise remplie de nuages, c’était presque tout moi. Pourtant, encore une fois, ce fut un échec !

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De quoi ça parle ?

Un homme rend visite à son vieux père, peut-être pour la dernière fois. Il emmène avec lui Vlad, son jeune homme de fils, tout en regrettant de lui imposer une telle promenade de santé. Mais face au vide, au froid, au silence que la maladie – la fuite de l’esprit, l’effacement de la mémoire – ne suffit pas à expliquer, c’est Vlad qui prend les choses en mains.
Avec un art consommé du funambulisme, Denis Beneich trace une géométrie intime des éclipses de la transmission. Et nous offre un bijou d’humanité, d’émotion combattue et d’humour salvateur. Comme une posologie délicate et généreuse contre les violences du bilan familial, D’accord propose une économie alternative des échanges, une petite fugue espiègle, traversée d’une poésie d’avant la nuit.

Mon avis ?

D’accord, la couverture est topissime. Mais ça ne fait pas tout.

D’accord, les paragraphes sont très courts, tout comme ce roman de 95 pages. Mais c’est empli de longueuuuuuuurs comme aussi étendues qu’un boa relâché. Parce que mettre 15 jours pour lire 95 pages, autant te dire que c’est un record peu flatteur pour moi !

D’accord, la plume de l’auteur est légère, les phrases courtes. Mais les mots sont parfois archi-complexes ! (j’ai d’ailleurs déjà oublié ces mots-là, que je ne trouverai sûrement qu’une seule fois dans ma vie… dans ce livre).

D’accord, le récit basé sur la rencontre de trois générations a de quoi charmer. Mais on passe à côté. Le père est présenté soit comme un dictateur familial râleur, égoïste et malpoli, soit comme une personne ayant perdu sa tête, grabataire, peu attachante. Les autres personnages ne donnent pas davantage envie. A part peut-être le petit-fils qui semble être l’unique moteur jovial de la troupe.

D’accord, un ultime personnage dans les 10 dernières pages apporte un peu de rythme à l’histoire qui est aussi plate que l’électrocardiogramme de Dracula. Mais ce personnage arrive comme un cheveu sur la soupe et on le laisse sur le côté, comme cette soupe chevelue ! Enfin, je te rassure, juste le temps de nous lâcher une petite morale de développement personnel.

Je ne suis en général pas adepte de ce genre de récits tout en réserves, sous forme de huit-clos, où les personnages sont perdus dans leurs réflexions métaphysiques sur l’existence, le vieillissement, la mort, le passé qui n’est plus. J’ai besoin d’un peu d’action. Ce roman ne fait que confirmer mes goûts.

Au final ?

Je crois que je vais me transformer en Grumpy Reader en 2017. Mais tant pis, je n’ai pas du tout adhéré. Ce roman a été très difficile à lire sur un plan personnel car mes souvenirs de maison de retraite sont encore frais et douloureux, mais surtout parce que cette tranche de vie est plaaaaate comme une limande. On a l’impression de regarder une scène par un œil-de-bœuf : on saisit un instantané sans émotion associée, sans passé ni présent, et avec des bords flous. Est-ce une nouvelle (trop) allongée ou un roman (trop) raccourci ? Le mystère reste entier.

Ma note : 5/20

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